Kommentar

Non au campisme

Akram Belkaid © zvg

Akram Belkaid, Paris /  L’invasion de l’Ukraine pousse à la radicalisation des positions de ceux qui multiplient les injonctions à choisir son camp.

L’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes déclenche un peu partout passions et divisions. Dans ce genre de situation, les adeptes du campisme – autrement dit ceux qui multiplient les injonctions à choisir son camp – entretiennent la confusion et poussent à la surenchère et à la radicalisation des positions. Les uns condamnent Poutine et vont jusqu’à exiger un conflit armé avec la Russie. Les autres rappellent, à juste-titre, que d’autres pays ont envahi ou annexé des territoires qui ne leur appartiennent pas et que cela ne déclenche pas les mêmes réactions indignées.

Que faire ? 

Comme pour toute crise majeure, l’unique boussole devrait être le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Qu’importe la nature des régimes concernés et qu’importe le passif des uns ou des autres. Je m’explique. En 1990, l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein a provoqué une situation comparable à celle que nous vivons aujourd’hui. Il s’agissait alors d’une agression contraire au droit international puisque Bagdad entendait annexer un pays souverain reconnu par la communauté internationale. Arguant de la nature détestable de la monarchie koweitienne, nombreux furent ceux qui y trouvèrent argument pour ne pas condamner l’attaque irakienne. Or, cette condamnation était nécessaire et légitime. En attendant que l’humanité trouve mieux, la règle est simple : on n’attaque pas son voisin, on ne l’envahit pas et, surtout, on ne l’annexe pas. Le respect des frontières est la clef de voûte de la paix dans le monde.

Cela vaut pour ce qui se passe en Ukraine. La condamnation de l’attaque russe doit être sans équivoque et même, s’il le faut, sans passion aucune. Le droit international est trop précieux pour être séquencé ou relativisé. Et c’est cette condamnation qui donne du crédit à la position non-campiste que l’on est en droit de défendre. Condamnation ne veut pas dire naïveté ou complicité avec l’Occident. Oui, la Russie a des griefs légitimes à l’encontre de l’Occident et plus particulièrement des États-Unis. Oui, la promesse faite à Mikhaïl Gorbatchev de ne pas étendre à l’est les forces de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a pas été respectée. Oui, la mise en garde vindicative de Vladimir Poutine contre l’unilatéralisme américain lancée en février 2007 lors de la Conférence sur la politique de sécurité n’a pas été prise au sérieux ou, pire, elle a été méprisée. Tous ces arguments sont recevables pour réclamer des négociations pour la paix mais ils n’excusent pas l’attaque de l’Ukraine et la mort de civils.

Personne ne niera que le droit international n’est pas toujours respecté par les pays qui le brandissent aujourd’hui afin de sanctionner la Russie. En 1991, il fut mis en avant pour « libérer » le Koweït alors que, dans le même temps, il continuait d’être violé par Israël qui, aujourd’hui encore, continue d’occuper – et de coloniser – des Territoires palestiniens qui ne lui appartiennent pas sans oublier l’annexion illégale du plateau du Golan syrien. Dans les deux cas, Israël foule aux pieds plusieurs résolutions des Nations Unies et cela décrédibilise les discours occidentaux à l’encontre de la Russie. Nous en avons l’habitude : droit international en faveur des uns mais pas des autres… C’est bien pour cela que la condamnation de l’invasion russe est nécessaire. Elle relève d’une cohérence de position. Si nous revendiquons le droit des Palestiniens à être libres et à bénéficier des résolutions de l’ONU, nous ne pouvons pas décider de regarder ailleurs en ce qui concerne l’Ukraine. Le message à l’égard de l’Amérique et de l’Union européenne est simple : Nous condamnons comme vous cette invasion mais nous ne sommes pas dupes quant à vos principes à géométrie variable. Et en cela, nous ne sommes pas dans le même camp.

Cela amène, pour finir, à la remarque suivante. Oui, il est toujours désagréable d’avoir la sensation d’être dans le même bateau que les Bernard-Henri Lévy et autres néo-conservateurs qui s’étaient déjà illustrés en 2003 en soutenant l’agression anglo-américaine contre l’Irak. Ces gens sont des clowns dangereux dont la posture belliciste a déjà fait beaucoup de dégâts. Rappelons donc la formule d’usage qui sied à ce genre de situation : une montre cassée donne tout de même l’heure exacte deux fois par jour. Condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce n’est pas être dans le même camp que Bernard-Henri Lévy et compagnie. C’est juste une coïncidence, surtout si on rappelle à cette camarilla ses silences et compromissions à propos de la Palestine. 


Themenbezogene Interessenbindung der Autorin/des Autors

Aucun. Le journaliste Akram Belkaïd est né en Algérie et vit à Paris.
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Meinungen in Beiträgen auf Infosperber entsprechen jeweils den persönlichen Einschätzungen der Autorin oder des Autors.

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5 Meinungen

  • am 3.03.2022 um 10:33 Uhr
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    Besten Dank für diese Stellungnahme. Die einseitige Sammlung von Argumenten «à charge» zeigt einen Charakter der Scheinheiligkeit (hypocrisie), wie er in vielen westlichen Medien in den letzten Zeiten zur Regel geworden ist. Inbesondere auch in den öff-rechtlichen Medien, v.a. der Deutschschweiz.

    Die Kunst der Desinformation hat offensichtlich Früchte getragen. Zweideutige Sprachwendungen in öffentlichen Deklarationen haben das ihre dazu beigetragen den Begriff des «perfide Albion» wieder in Erinnerung zu bringen. Wer hat nicht die Phrase «occupied territories» in der UN-Resolution 242 im Kopf, in der die Briten bewusst «the» (territories) wegliessen und damit den Sinn der Resolution vollständig verwässerten. Seit dieser Zeit haben auch die Amerikaner in der Kunst der Halbwahrheiten einiges an «Fortschritten» gemacht und die Dominanz der anglo-saxonen in der internationalen Kommunikation hat das ihre dazu beigetragen, dass solche Halbwarheiten zum offiziellen «Narrativ» der «westlichen» Welt werden konnten.

    Israel bleibt ein «pieceful country», wie es damals hiess. Internationales Recht hin oder her. Die Geschichte vieler «illegaler» Besetzungen ist bekannt. Das offizielle Narrativ geht aber immer zugunsten der neuen, selbsternannten, Hegemonialmacht.
    [pieceful =there is a piece of Egypt, there is a piece of Jordan, there is a piece of Libanon, there is a piece of Syria. All das durch die westlichen Mächte abgesegnet.]

    0
  • am 3.03.2022 um 11:06 Uhr
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    Ja, hier muss ich Ihnen Recht geben. Es muss unbedingt darauf geachtet werden, dass das Völkerrecht, das Menschenrecht und das Lebensrecht der Völker, respektive aller Völker und Menschen, gleichwertig berücksichtigt werden. Hinzu kommt auch, dass territoriale, klimapolitische und umweltpolitische Realitäten miteinbezogen werden müssen, um gegenwärtige und zukünftige Ungerechtigkeiten zu veringern oder ganz zu beseitigen.

    Dem steht leider das patriarchale Paradigma, das die Menschheit, die Welt und das Leben dichotomisiert, im Wege. Die Überwindung dieses Paradigmas, würde uns auch befähigen die Missstände, die Missverhältnisse und Ungerechtigkeiten auszubalancieren und aufzuheben.

    Auch historisch begründete Besitz-, Rechts- oder Machtansprüche rechtfertigen keine Ungerechtigkeiten, Verbrechen oder Kriege – weder in Bezug auf die Vergangenheit, noch in Bezug auf unsere heutige Zeit.
    Jede Beendigung eines Krieges und die Nachkriegszeit erfordern Dialog, Kommunikation, Diplomatie und Verständigung der/mit den involvierten Parteien.

    Warum, frage ich mich, kann diese Kommunikation nicht vor Kriegsausbruch stattfinden um den Krieg zu vermeiden, anstatt sie – um des Krieges Willen – ab zubrechen?

    Bitte vielmals um Entschuldigung, aber leider ist mein Französisch nicht so gut.

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    • am 4.03.2022 um 02:04 Uhr
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      Ja Frau Weber, ihre Worte machen Sinn, und werfen bei mir die Frage nach Ursachen auf. Wo sind die Dichter und Denker, die Intellektuellen und die Philosophen, wo sind die Psychologen und die Ethiker welche aufklären und gesellschaftliche Heilungsprozesse initiieren sollten? Wenn die Fehler der Vergangenheit totgeschwiegen werden, vom Genozid an Völkern, über die Grausamkeiten und Kriegsverbrechen, wenn Geschichtsfälschung und Propaganda nicht als das gesehen werden, was sie sind, wenn es in der Grundschule keine Hauptfächer in «Ethik, Gewaltverzicht und Konfliktlösung» gibt, ja wenn ein grosser Teil unserer Wertesysteme mit einer Selbstverständlichkeit Gewalt schon in die Kinderköpfe implementiert (Literatur: Eugen Jürgen Drewermann, Hans Küng, Alexander Ziegler, Piet Sloterdijk) und dann noch durch totschweigen und leugnen gesellschaftliche Heilungsprozesse verhindert werden, wenn durch Zensur den erschaffenen und/oder willkommenen Feindbildern der Mund gestopft wird, dann muss sich niemand wundern, wenn sich die Geschichte der Grausamkeiten wiederholt. Teile und Herrsche und profitiere davon. Quo Bonum, wer profitiert von Kriegen? Wohin fließt das Geld welches mit Gewalt, Krieg, Armut, Verelendung, Ungerechtigkeit und dem gegenseitigen Ausspielen von Völkern generiert wird? Welche Rolle spielt bei Gewalt der nach Oben nicht begrenzte, unregulierte Kapitalismus und die Finanzsysteme? Vielleicht sollten wir alle auch solche Fragen stellen.

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    • am 5.03.2022 um 08:12 Uhr
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      Herr Gubler, vielen Dank für Ihre Antwort. Mit Ihren Erklärungen sprechen Sie mir aus der Seele. Viele Dinge sehe ich genauso, besonders der Satz: «Welche Rolle spielt bei Gewalt der nach Oben nicht begrenzte, unregulierte Kapitalismus und die Finanzsysteme?» Schon seit vielen Jahren vertrete ich die Überzeugung, dass der Kapitalismus nach oben und nach unten begrenzt werden müsste, was so viele Missstände gar nicht erst entstehen lassen würde.
      Denn es gibt, neben den russischen Oligarchen, auch die westlichen und chinesischen usw. Multimilliardäre, die einen wesentlichen Einfluss auf die Politik ausüben.
      Der Autor beklagt das Lagerdenken der Parteien, welches der Gerechtigkeit nicht dienlich sein kann. So auch die Siedlungspolitik Israels, die von so vielen Politikern als legitim erachtet wird, aber so viel Leid bei der palästinensischen Bevölkerung verursacht.
      Olaf Scholz (Bundeskanzler) vertritt die Meinung, dass man nicht beginnen sollte, den Atlas hervorzuholen um historische Territorialansprüche – die weit in die Vergangenheit hineinreichen – zu stellen. Denn es würde ein Chaos verursachen.
      So scheinen religiös-historisch, rückbezogene Ansprüche legitimer zu sein als gegenwärtig bestehende Tatsachen.
      Der religiöse und ideologische Fundamentalismus ist Teil der Ungerechtigkeiten und Probleme, aber er löst sie nicht.
      Ja, zu den, von Ihnen aufgezählten, Persönlichkeiten würde ich auch unbedingt Erich Fromm hinzufügen, der, m. M. nach, zu den Problemlösern zählt.

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  • am 3.03.2022 um 13:23 Uhr
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    Danke für den weitsichtigen, relativierenden Text. Ich bin mir nicht sicher, ob ein Völkerrecht verletzt werden kann, wenn an einem Ort 8 Jahre lang innerhalb eines nationalen Komplexes gar kein Völkerrecht existierte, denn die betroffenen Gebiete und die Menschen dort hatten 8 Jahre lang in Angst gelebt, in rechtlosigkeit, zerrissen durch militärische Kräfte. Gewalt ist falsch, Angriffe sind falsch. Was aber ist, wenn die Betroffenen Völker selber sagen, wir wollen das, wir wollen «Befreit» werden, und nicht mehr der Spielball nationaler Konflikte und Interessen sein? Solche Argumente sollten auch gewichtet werden, und die Frage, ob Russlands Intervention mit Gewalt am Schluss nicht doch einer endlosen Gewalt mit Gewalt ein ende setzt, muss gestattet sein und Raum haben dürfen. Fragen wir doch die dortigen Völker, und nicht ihre Oligarchen, Eliten und Waffenträger, die welche hoffen, das diese Intervention mit Gewalt ihr 8 jähriges Leiden minimiert. Was sagen diese? Waren nicht sie jahrelang die Gegeisselten? Ich weiss es nicht, ich höre aber viel Propaganda, untermauert mit Werten des Völkerrechts, welchem aber nicht der Wert von Befreiung aus einem womöglich schlimmeren Dilemma gegenüber gestellt und diskutiert wird. Wenn 2 Räuberbanden mich in meiner Wohnung quälen, wäre ich froh darum, wenn z.B der Nachbar, welcher Macht hat, mich aus dieser Situation rettet, wenn es wirklich nicht anderst geht als mit Gewalt, wird dann die Gewalt nicht zu einer minimierung von Leiden ?

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