Kommentar

Ukraine: Ni tout noir ni tout blanc

Christian Campiche © zvg

Christian Campiche /  La Suisse ne devrait pas s’aligner de manière inconditionnelle sur les sanctions. Elle a un rôle à jouer en tant que médiatrice.

Entre 120’000 et 150’000 personnes, l’équivalent de Lausanne, telle est la population de la minorité hongroise en Ukraine. Une communauté dont l’Europe devrait se préoccuper mais dont personne ne parle, et pour cause. Depuis 2014 et les événements du Maïdan, les deux gouvernements qui se sont succédés à Kiev ont viré vers un nationalisme oppressant non seulement pour les Russes – 17 pourcent de la population – mais pour les autres ethnies qui peuplent le pays: Biélorusses, Moldaves, Bulgares, Hongrois, Roms, Polonais, Arméniens, Grecs, Allemands, dont les langues ne sont plus toujours relayées dans les circuits écoliers depuis que des lois liberticides ont été édictées, discriminant les minorités.

Point n’est ici l’idée de donner sa bénédiction à l’intervention de Moscou en Ukraine. La violence n’est jamais justifiée. Les images d’habitants fuyant les villes dévastées sont insoutenables. Non, il s’agit plutôt de comprendre pourquoi les habitants des régions d’Ukraine où vivent des minorités rechignent à prêter main forte à l’armée d’un pays qui les considère comme des citoyens de seconde zone. Mourir pour Kiev? Non merci! 

Une fois de plus, n’en déplaise aux médias dominants, rien n’est ni tout noir ni tout blanc. Ou plutôt seulement bleu et jaune. D’autant que la guerre, on sait quand elle commence, mais bien malin est celui qui peut prédire quand elle s’achève. Autant dire qu’il faut tout entreprendre pour l’éviter. Anticiper les sources du conflit. Il est vrai que l’on est toujours plus sage après qu’avant mais souffler sur les braises comme le fait l’Occident depuis plusieurs mois est malsain. La fourniture d’avions et d’armes anti-chars à l’armée ukrainienne est une provocation insensée, susceptible de rendre fou de rage le tigre blessé. 

La seule solution permettant d’éviter que le conflit s’enlise, voire dégénère dans une dangereuse escalade, est la voie de la négociation. Kiev doit redimensionner son ego et faire comprendre à l’OTAN que l’entité militaire occidentale est indésirable en territoire ukrainien. Parallèlement, l’Ukraine doit se doter d’un statut de pays neutre. Voilà pourquoi la Suisse serait bien inspirée de ne pas s’aligner de manière inconditionnelle sur les sanctions occidentales. Elle a un rôle à jouer en tant que médiatrice.


Themenbezogene Interessenbindung der Autorin/des Autors

Aucune. Christian Campiche est créateur et animateur depuis 2003 du journal en ligne suisse «Infoméduse». Il a été journaliste à l’Agence télégraphique suisse (1980-1988), rédacteur en chef adjoint du magazine Bilan (1989-1994) et du quotidien l’Agéfi (1994-1096). Il a dirigé la rubrique économique du Journal de Genève (1996-1998) et de la Liberté (2000-2007). En 2009 il a participé à la création du magazine des médias Edito dont il a été le rédacteur en chef jusqu’en 2014.
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Meinungen in Beiträgen auf Infosperber entsprechen jeweils den persönlichen Einschätzungen der Autorin oder des Autors.

Zum Infosperber-Dossier:

Ukraine_Sprachen

Die Ukraine zwischen Ost und West: Jetzt von Russland angegriffen

Die Ukraine wird Opfer geopolitischer Interessen. Die Nato wollte noch näher an Russland. Russland führt einen rücksichtslosen Angriffskrieg und missachtet das internationale Kriegsrecht.

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3 Meinungen

  • am 12.03.2022 um 09:54 Uhr
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    Merci. Le nationalisme monocultuel, cher aux seigneurs de la Catalogne, de la Corse, … devient trop pesant pour en ajouter encore d’autres.Mais l’Europe semble aimer les concentrations de pouvoir et dire aux autres comment ils doivent penser et agir.

    Enfin, merci d’avoir souligné que la multiéthnicité ne cohabite que difficilement avec un centralisme politique qu l’on croyait d’un autre temps.

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  • am 12.03.2022 um 17:17 Uhr
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    Danke, mit ihren Worten kann ich übereinstimmen. Die Schweiz sollte zurück kehren zu ihrer Rolle als 100% neutrale Nation. Neutralität, Humanität und ihre Stärke als Mediatorin müssen wieder auferstehen. Keine Beteiligung an irgendwelchen Sanktionen, keine Beteiligung an Propaganda. Konstruktive gerechte Lösungen welche keine faulen Kompromisse darstellen wären der beste Weg für eine bessere Zukunft. Leider scheint unsere Regierung, gegen die eigene Verfassung, noch nicht bereit zu sein, imperialen Bestrebungen zu widerstehen. Das ist bedenklich und bringt die Schweiz in grosse Gefahr.

    0
  • am 12.03.2022 um 17:50 Uhr
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    Un commentaire excellent, il faut mentioner, que 17 pourcent de la population d’Ukraine ont une origine Russe et encore 5 pourcent non Ukrainien, ça veut dire que presque 10 millions d’habitants doivent aussi être représentés par Président Selenskji!
    Pour cette raison il n’y a pas une seule patrie dans l’Ukraine!
    Vraiment, Kiev, le governement doit redimensionner son ego s’il veut être capable de guider l’Ukraine à l’avenir. Le gouvernement est assez faible!
    L’Ukraine doit déclarer sa neutralité comme la Suisse est doit rester au dehors de l’OTAN, aussi déclaré chez la ONU Assemblé Générale.

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