Des pancartes qui justifient les chantiers © M.L.

Silwan, au pied de Jérusalem, un quartier très convoité

M.L. / 05. Apr 2018 - Silwan jouit d’une magnifique situation au pied de la vieille ville de Jérusalem à côté du grand chantier archéologique israélien.

Red. Die Schweizer Journalistin M.L. (Name der Redaktion bekannt) lebt seit einigen Wochen in Jerusalem und berichtet über das Alltagsleben.

«N’allez pas dans ce village»

55'000 habitants vivent dans ce bourg très étiré, qui a le malheur de se trouver au-dessus et à côté du plus grand chantier archéologique israélien, celui dit de la «cité de David». Les guides avertissent les touristes : «N’allez pas dans ce village, vous risquez de vous faire agresser». En fait, comme tout en Israël-Palestine, pour comprendre, il faut aller sur le terrain.

Silwan menacée par les fouilles archéologiques israéliennes

Maisons réquisitionnées

Les habitants de Silwan (prononcez Silouane, Siloe dans l’ancien testament) vivent dans l’inquiétude: une partie d’entre eux est menacée d’expulsion, et leur maison risque d’être réquisitionnée pour de nouveaux émigrés juifs. Une fois que la demeure est attribuée aux nouveaux propriétaires, parfois le matin même de l’expulsion des Palestiniens, l’armée israélienne est tenue d’assurer la protection. Ce qui n’est pas sans générer une atmosphère de tension. De là vient la méfiance des Palestiniens face aux badauds qui regardent leurs maisons: ils pensent, parfois à juste titre, qu’il s’agit d’Israéliens venus repérer leur future demeure.

Archéologie à vue politique

A l’entrée de la route qui descend vers ce grand village, des panneaux cachent des chantiers et sont recouverts de slogans: «cité de David: là où tout a commencé». En effet, les fouilles ont révélé des canaux qui approvisionnaient Jérusalem en eau, des citernes et une cité royale.

Malheureusement pour les habitants palestiniens, les fouilles vont jusqu’à ébranler leurs maisons, certaines se sont écroulées. «L’archéologie à Jérusalem ne se pratique pas comme ailleurs». Le Monde des Religions, dans son numéro spécial «Comprendre Jérusalem» (mars 2018), cite Stéphanie Laithier, historienne du sionisme: dès 1948, et même avant, les mouvements sionistes appuient l’idée «qu’il faut chercher les traces d’une présence ancienne du peuple juif, dans le but de légitimer la présence sur place d’un futur Etat». On peut ainsi parler d’une archéologie politique qui ne repose pas toujours sur des bases incontestables.

Une association combative

Les Silwanais se sont regroupés en association pour dénoncer les expulsions et la mise en danger des demeures palestiniennes. Le centre «Wadi Hilweh Information center» est ouvert à côté de l’entrée du Musée Cité de David, pour donner le point de vue des habitants de Silwan. «Les organisateurs de circuit touristique ne mentionnent que la présence de Salomon et de David, sans se soucier des périodes intermédiaires, ni des habitants palestiniens actuels, explique la co-directrice du centre Sahar Abbasi, qui habite elle-même le village. Mais le centre d’information ne se contente pas de défendre le quartier. Il organise des cours d’informatique, de sport pour occuper les jeunes, et propose aux femmes des réunions de lecture et de discussion. Encore une fois, cette conviction que l’éducation et l’information sont des armes plus efficaces que les pierres.

Themenbezogene Interessen (-bindung) der Autorin/des Autors

Aucuns

Meinungen / Ihre Meinung eingeben

Ähnliche Artikel dank Ihrer Spende

Möchten Sie weitere solche Beiträge lesen? Ihre Spende macht es möglich:

Mit Kreditkarte oder Paypal - oder direkt aufs Spendenkonto für Stiftung SSUI, Jurablickstr. 69, 3095 Spiegel BE
IBAN CH0309000000604575581 (SSUI)
BIC/SWIFT POFICHBEXXX, Clearing: 09000

Ihre Spenden können Sie bei den Steuern abziehen.

Einzahlungsschein anfordern: kontakt@infosperber.ch (Postadresse angeben!)

Eine Meinung

Wann hört das mal auf, dass Palästinenser aus ihren Häusern und von ihrem Land vertrieben werden ? Man kann diese seit mehr als 50 Jahren regelmässig erscheinenden Meldungen nicht mehr verkraften - so revoltierend sind sie.
bernhard sartorius, am 05. April 2018 um 21:13 Uhr

Ihre Meinung

Loggen Sie sich ein. Wir gestatten keine Meinungseinträge anonymer User. Hier können Sie sich registrieren.
Sollten Sie ihr Passwort vergessen haben, können Sie es neu anfordern. Meinungen schalten wir neu 9 Stunden nach Erhalt online. Wir folgen damit einer Empfehlung des Presserats. Die Redaktion behält sich vor, Beiträge, welche andere Personen, Institutionen oder Unternehmen beleidigen oder unnötig herabsetzen, oder sich nicht auf den Inhalt des betreffenden Beitrags beziehen, zu kürzen, nicht zu veröffentlichen oder zu entfernen. Über Entscheide der Redaktion können wir keine Korrespondenz führen. Zwei Meinungseinträge unmittelbar hintereinander sind nicht erlaubt.